Le programme WISH vise à réduire l'écart entre les genres dans l'encadrement du sport de haut niveau

Un moment historique : lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, le nombre d’athlètes féminins et masculins sera pour la première fois totalement identique. Il s’agit de l’un des chevaux de bataille du Comité d’Organisation de Paris. Mais si de nombreux progrès ont eu lieu chez les athlètes au cours des dernières années, la situation au sein de l’entourage des athlètes demeure compliquée. Lors des Jeux de Tokyo 2020, seuls 13 % des entraineurs étaient des femmes. Lors des Jeux d’hiver de Pékin en 2022,  le pourcentage se situait encore plus bas, à 10%. C’est une des raisons pour lesquelles l’augmentation du nombre de femmes entraineures dans l’encadrement du sport de haut niveau constitue l’une des priorités du Comité International Olympique (CIO). Une priorité qu’il a l’intention de mettre en pratique, en partie grâce au programme WISH.

Le programme WISH est une formation organisée par l’Université de Hertfordshire, en collaboration avec le CIO et soutenu par celui-ci par le biais du programme de subventions de la Solidarité Olympique. Les candidates sont proposées par les Fédérations internationales ou les Comités Nationaux Olympiques. La troisième édition de ce programme a débuté en novembre 2022. La Belgique compte deux participantes, Tine Deckers (Entraineure fédérale de Belgian Triathlon) et Evy Pieters (Entraineure d’athlétisme Fond/Demi-fond). Un moment idéal pour leur donner la parole !

Evy Pieters explique: “WISH signifie 'Women In Sport High Performance Pathway'. Il s’agit d’un programme lancé pour soutenir les femmes entraineures qui ont l’ambition et le potentiel de devenir des 'high performance coaches'. L’objectif de WISH est d’apporter aux jeunes femmes entraineures un maximum de connaissances et d’expérience de leadership à court terme, dans l’espoir d’augmenter la représentation des femmes entraineures au niveau mondial lors des prochaines Olympiades.”  

Pour Tine Deckers, ancienne athlète pro et vainqueure à 5 reprises de l’Ironman de Nice, la transition d’athlète à entraineure constitue déjà une valeur ajoutée: “Après ma carrière d’athlète élite sur longue distance en triathlon, c’est un rêve de pouvoir me lancer en tant qu’entraineure et de partager mon expérience avec la prochaine génération d’athlètes de haut niveau.” 


L’écart entre les genres dans l’encadrement du sport de haut niveau

Elle sont d’accord pour dire que l’écart entre les genres existe dans l’encadrement du sport de haut niveau. Evy Pieters : “Les chiffres parlent effectivement d’eux-mêmes. Actuellement, il y a beaucoup moins de femmes entraineures que d’entraineurs masculins au niveau mondial. C’est aussi le cas dans mon sport, l’athlétisme. S’il y a des femmes entraineures, celles-ci encadrent généralement les catégories de jeunes. Dans le sport de haut niveau, on retrouve, à quelques exceptions près, que des entraineurs masculins en Belgique.” 

Tine Deckers ajoute : “Je pense qu’il faudra du temps pour combler complétement l’écart, mais nous sommes sur la bonne voie (en tout cas en Europe). J'ai remarqué en suivant ce programme qu'il est beaucoup plus difficile pour certaines femmes dans d'autres pays de se frayer un chemin jusqu'au sommet. Il existe également une grande différence entre les sports. En triathlon par exemple, nous avons la chance que le sport ait été relativement égal pour les hommes et les femmes depuis le début (mêmes distances, mêmes primes). Dans ces sports, nous avons donc déjà une longueur d’avance par rapport au rugby ou au football par exemple, qui étaient dominés par des hommes.


Différences entre les femmes entraineures et les entraineurs masculins

Evy Pieters : “Moi-même, en tant qu’athlète, j’ai quasi tout le temps été entrainée par des hommes. À l’exception de ma dernière entraineure : Veerle Dejaeghere. Personnellement, j’ai immédiatement remarqué une approche complètement différente. Surtout sur le plan humain. Souvent, nous n’avions pas besoin de parler pour se comprendre. C’est quelque chose que plusieurs de mes concurrentes qui ont également été entrainées par des femmes ont souvent ressenti. Ne vous méprenez pas. Il y a certainement des entraineurs masculins qui s’entendent bien avec des athlètes féminines. Mais pour une femme, le fait de partager ses expériences avec une femme entraineure peut parfois apaiser.” 

Tine Deckers : “Il est peut-être plus difficile pour des femmes de s’éloigner souvent de la maison et des enfants, ce qui expliquerait leur nombre inférieur. Après tout, les femmes sont différentes des hommes. D’après moi, nous ne devrions pas viser un nombre égal mais le pourcentage doit bien continuer à augmenter !” 

Evy Pieters : “Ce que j’ai déjà remarqué à plusieurs reprises, c’est qu’il existe encore une idée générale selon laquelle les entraineurs masculins plus âgés sont davantage susceptibles d’être perçus comme des entraineurs expérimentés. Or, pour moi, l’expérience représente la somme de tout ce que vous avez vécu. Un(e) jeune entraineur(e) peut certainement être aussi expérimenté(e) que des entraineurs (masculins) plus âgés. Des initiatives telles que WISH sont donc les bienvenues pour offrir aux femmes entraineures des opportunités pour l’avenir dans un monde dominé par des hommes.” 


Engagement du COIB 

Par le biais de la Commission Gender Equity, la nouvelle Commission de l’Entourage des Athlètes et l’Olympic Coaching Platform (OCP), le COIB souhaite attirer l’attention sur l’écart entre les genres dans l’encadrement du sport de haut niveau via différentes initiatives. Offrir des opportunités telles que le programme WISH en est un exemple. Une autre initiative que le COIB a récemment lancée dans ce contexte est le ‘Female Coaches Café’: un moment de réseautage qui sera organisé pour les femmes membres du personnel d’encadrement lors de chaque stage multidisciplinaire. La première édition a eu lieu en novembre 2022 lors du stage annuel de Team Belgium à Belek.

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